La thyroide : à quoi sert-elle ?

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La thyroïde joue un rôle fondamental dans notre corps ! Elle peut être impliquée dans la perte de poids ou la prise de poids, les pieds froids, le transit intestinal, etc. En effet, elle régule des fonctions essentielles comme la température corporelle, la circulation sanguine, le rythme cardiaque, la digestion et le fonctionnement du cerveau parmi les plus notables.

Vous allez voir comment elle agit, les hormones thyroïdiennes, les symptômes d’une hypothyroïdie et d’une hyperthyroïdie et les différents examens. Je vous donne des solutions naturelles pour préserver votre thyroide.

Anatomie

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Localisation de la thyroïde au niveau du cou

       La thyroïde se situe à la base du cou sous la peau, accessible à la palpation. Ses dimensions et son volume présentent des variations individuelles importantes. Elle comprend deux lobes d’une hauteur de 4cm et d’une largeur de 2cm reliés par un isthme. Lorsque la thyroïde est gonflée, on parle de goitre.

Rôle de la thyroïde

      En secrétant les hormones thyroïdiennes T3 et T4 (thyroxine), cette glande endocrine contrôle l’activité de notre organisme. La T4 sert de réserve pour fabriquer la T3 qui est l’hormone active. Le rôle d’une hormone est de commander ou d’inhiber les activités des cellules dont l’ensemble constitue un organe. Comme tous les organes possèdent des récepteurs à l’hormone thyroïdienne T3, le dérèglement de la thyroïde cause de multiples et variés symptômes. Elle agit en interaction avec le cerveau.

La TSH (Thyroid Stimulating Hormone) est envoyée par le cerveau pour la stimuler. Le taux de tsh augmente quand le corps n’a pas assez d’hormones T4. D’autre part, le foie produit 80% de la T3 à partir de la T4 déversée par la thyroïde. Pour finir, une mauvaise pénétration des hormones T3 dans les organes entraîne aussi une baisse de leurs fonctions. En raison de son impact sur l’ensemble de l’organisme, un dysfonctionnement de la thyroïde entraîne de la fatigue.

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Schéma du fonctionnement thyroïdien

Les symptômes de l’hypothyroïdie

      Lorsque la thyroïde ne produit pas assez d’hormones, le corps ralentit, il s’agit d’hypothyroïdie. Une hypothyroïdie est dite fruste ou infraclinique, si la TSH est élevée avec un taux de T4 dans la norme. Elle se manifeste par différents signes, pas forcément tous présents.

Les conséquences d’une hypothyroïdie

      La thyroïde régulant l’ensemble du corps, son ralentissement implique des effets nombreux et divers. En premier lieu, une fatigue générale ou un manque d’énergie s’installe. La personne hypothyroïdienne souffre de frilosité et peut mal supporter la chaleur. La transpiration diminue et on observe une tendance à une tension basse ou hypotension artérielle. Chez les femmes, les règles sont souvent irrégulières, avec pour conséquence une baisse de la fertilité. Le rythme cardiaque ralentit et le taux de cholestérol a tendance à augmenter. La thyroïde joue un rôle fondamental dans notre corps ! Elle peut être impliquée dans la perte de poids ou la prise de poids, les pieds froids, le transit intestinal, etc. En effet, elle régule des fonctions essentielles comme la température corporelle, la circulation sanguine, le rythme cardiaque, la digestion et le fonctionnement du cerveau parmi les plus notables.

Les symptômes de l’hyperthyroïdie

      L’hyperthyroïdie se traduit par une production trop élevée d’hormones thyroïdiennes. En conséquence, le corps passe en surrégime, provoquant la fatigue et une possible perte de poids. Sur le plan psychique, hyperémotivité, nervosité, difficultés d’endormissement, faim insatiable peuvent être présents. Une transpiration plus abondante ainsi que des bouffées de chaleur peuvent apparaître. Le cœur peut battre plus vite qu’habituellement, occasionnant des palpitations. Le taux de cholestérol sanguin a tendance à baisser, de même que les globules blancs. La fatigue musculaire se traduit par une faiblesse des muscles ou par des tremblements. Sur le plan digestif, le transit s’accélère, pouvant aller jusqu’à des diarrhées. Chez les femmes, le cycle menstruel peut être plus fréquent. L’hyperthyroïdie est parfois déclenchée par un stress, un choc affectif.

Les maladies auto-immunes

      Les dérèglements de la thyroïde touchent davantage les femmes (7 femmes pour un homme). À 50 ans, on estime qu’une femme sur dix est en hypothyroïdie. Lors d’une grossesse, les pathologies de la thyroïde sont particulièrement suivies. Les maladies auto-immunes résultent d’un dysfonctionnement du système immunitaire qui attaque les cellules saines du corps. Elles se caractérisent par la présence d’anticorps détectés dans les analyses de sang. Dans la maladie de Basedow, cette glande est hyperactive et secrète trop d’hormones. L’exophtalmie, qui se traduit par des yeux exorbités ou yeux globuleux, est un signe caractéristique pouvant être présent. Dans la maladie d’Hashimoto, hypothyroïdie, elle ne secrète pas assez d’hormones. Dans certains cas, lors de son apparition, elle est précédée d’une phase d’hyperthyroïdie transitoire. L’analyse sanguine révèle la présence d’anticorps anti-TPO, dans une moindre mesure que celle d’Hashimoto.

Les nodules

       Un nodule se présente comme un amas de cellules se limitant généralement à une petite zone. Habituellement indolores, uniques ou multiples, ils peuvent occasionner une gêne dans la gorge et leur fréquence augmente avec l’âge. Le kyste est un nodule qui renferme du liquide. Un nodule chaud secrète de façon excessive des hormones thyroïdiennes pouvant occasionner une hyperthyroïdie. La distinction entre le nodule chaud et froid se base sur la scintigraphie. Le caractère bénin ou malin peut être déterminé via la cytoponction, c’est-à-dire un prélèvement minuscule. Un nodule suspect requiert une prise en charge chirurgicale. Une caractéristique fréquente du nodule cancéreux est la rapidité de sa croissance. Il sera enlevé par une thyroïdectomie totale. En présence d’un seul nodule, une ablation partielle peut être envisagée. La présence de nodules bénins nécessite un suivi médical régulier au moyen d’échographies. Ils peuvent être enlevés par thermoablation au laser en présence d’une gêne comme une difficulté à la déglutition ou une voix enrouée.

Autres maladies de la thyroïde

      Les maladies thyroïdiennes du post-partum sont peu symptomatiques, avec une prévalence de 5 à 10 %, et généralement, elles régressent spontanément.

Les thyroïdites sont des inflammations qui se manifestent par une douleur et un gonflement. La thyroïdite subaiguë (De Quervain) est probablement d’origine virale, évoluant habituellement vers la guérison. La thyroïdite de Riedel est une forme fibreuse de thyroïdite exceptionnelle où le patient présente une gêne très importante au niveau du cou.

Les hypothyroïdies primaires sont liées au seul dysfonctionnement de la thyroïde. Assez rare, la thyroïdite atrophique se caractérise par une thyroïde plus petite, diagnostiquée souvent après 50 ans. Dans les très rares cas d’hypothyroïdie secondaire, il existe une insuffisance de l’hypothalamus ou de l’hypophyse situés dans le cerveau. Ces glandes ne produisent pas assez d’hormones pour stimuler la thyroïde.

Autour de la ménopause

    Il existe une dépendance mutuelle de la thyroïde et du système reproducteur. Caractérisée par un déclin de l’activité ovarienne, la phase de la périménopause prédispose la femme à plusieurs conséquences sur la santé. En outre, l’hypothyroïdie peut être considérée comme un marqueur pour le développement d’une ménopause pathologique (4). Elle est la période où les pathologies thyroïdiennes se produisent le plus souvent. Il est à noter que les symptômes de la ménopause et de la maladie thyroïdienne se chevauchent. Ainsi, par exemple, des bouffées de chaleur, de la transpiration, des palpitations cardiaques, de l’insomnie, de l’irritabilité ou des sautes d’humeur surviennent en cas d’hyperthyroïdie. Pour l’hypothyroïdie, la prise de poids, la constipation et la fragilité des cheveux sont aussi des symptômes de la ménopause. Le rétablissement de la fonction thyroïdienne aide à stabiliser les signes cliniques dépendants des œstrogènes.

Les examens

Préalable : les interprétations varient suivant les laboratoires et les normes changent au fur et à mesure de la prise en compte de nouveaux critères. De plus, le dosage sanguin reflète les valeurs à un moment précis. Il existe des variations en fonction du moment de la prise, de l’alimentation et de l’activité physique. Également, il s’agit de valeurs statistiques, chacun devra prendre en compte ses symptômes. Les différents examens permettent de savoir si la thyroïde fonctionne bien.

      Si un goitre, une thyroïde douloureuse ou d’autres symptômes évoquent des problèmes de thyroïde, la prise de sang constitue le premier examen. La TSH indique le niveau de stimulation de la thyroïde. La tsh ultrasensible (us) est la technique de dosage la plus précise. La mesure de la T3 et T4 libres dans le sang complète ce premier paramètre. Les dosages sanguins des anticorps (AC) thyroïdiens permettent de déceler et de suivre les maladies auto-immunes. Une TSH et une T4 dans les normes, avec une T3 basse, impliquent un problème au niveau de la transformation de la T3 en T4.

Bilan sanguin

ParamètresNormesHypothyroïdieHyperthyroïdie
TSH us (ultrasensible)0.3 – 4.3 mUI/lTSH hauteTSH basse
T4 libre9 – 26 pmol/lT4 basseT4 élevée
T3 libre3.5 – 6.5 pmol/lT3 basseT3 élevée
 
AC anti RTSH (TRAK)< 1,5 UI/lhyperthyroïdieanticorps anti-récepteurs de TSH, indique une probabilité de Basedow
AC anti-TPO< 35 UI/mlhypothyroïdieAnticorps antithyroperoxydase, marqueurs de la thyroïdite d’Hashimoto
AC anti-TG< 115 UI/mlhypothyroïdieAnticorps antithyroglobuline, indiqué si anti-TPO non présent et hypo. pour la thyroïdite de Hashimoto
 
CRP(C Reactive Protein)< 5mg permet de vérifier une inflammation (thyroïdite subaiguë de Quervain, de Riedel)

Techniques d’imagerie médicale

      L’échographie est un examen simple et indolore qui permet d’observer la structure globale. Les ultrasons envoyés déterminent s’il existe des nodules, si la thyroïde est enflée. Les images peuvent évoquer des thyroïdites, même en l’absence d’anticorps dans le bilan sanguin. La scintigraphie demande un centre spécialisé et l’injection d’une petite quantité d’iode radioactif. Le fonctionnement de la glande est ainsi visualisé en direct.

Cependant, même avec des taux dans les normes, vous pouvez ressentir des troubles thyroïdiens. Il est possible que la T3 n’agisse pas sur les cellules par manque de vitamine D ou de cortisol trop élevé. De plus, son fonctionnement optimal nécessitant de nombreux oligo-éléments et de vitamines, il est utile de mesurer ceux dont la quantité présente dans le sang est significative d’un déficit. En cas de carence multiple, il est important de vérifier la qualité de la nourriture et que l’intestin ne fuit pas (hyperméabilité intestinale).

Nutriments et aliments pour la thyroïde

      Pour synthétiser les hormones thyroïdiennes, l’iode et la tyrosine sont indispensables. L’iode se trouve majoritairement dans les aliments de la mer et la tyrosine dans les protéines des produits animaux (viande) ou dans les noix ou les amandes. Les algues de la mer apportent à la fois de l’iode et des protéines végétales. Attention à l’excès d’iode qui peut provoquer des dysfonctionnements de la thyroïde.

Ce processus de synthèse utilise le fer, le zinc, le sélénium et le magnésium, oligo-éléments apportés par l’alimentation. La noix du brésil est très riche en sélénium et les noix, noisettes, amandes apportent du magnésium. Le fer et le zinc se trouvent principalement dans les produits animaux. Les algues sont des sources exceptionnelles pour tous les minéraux.

Cette synthèse nécessite également les vitamines A, B1, B2, B3, B6, B12 et E. L’organisme fabrique la vitamine A à partir du bêta-carotène présent dans les végétaux. Ce pigment donne la couleur orange aux végétaux (carotte, pêche, abricot, etc.) et se trouve masqué par la chlorophylle dans les végétaux verts. Les vitamines B se trouvent plus dans le foie, les viandes et les œufs, en quantité moindre dans les noix, noisettes, amandes et graines de lin. La vitamine B12 est produite par nos intestins en bonne santé, avec des variations individuelles. Elle se trouve aussi majoritairement dans les aliments d’origine animale. L’huile d’olive et l’huile de germe de blé contiennent beaucoup de vitamine E.

Alimentation

      Globalement, des aliments naturels, non transformés et exempts de produits chimiques apportent de nombreux bienfaits. Dans le cas d’une thyroïde fragile, cette alimentation prend une place prépondérante. Elle aide à une bonne perméabilité des intestins, apportant les nutriments utiles et empêchant le passage des molécules nocives. Dans le cas de maladies auto-immunes, l’éviction du gluten et des produits laitiers est à tester.

Le manioc, les patates douces, les graines de soja, le millet et les crucifères (choux, navets, radis) contiennent des substances goitrigènes. Dans le cas d’une carence en iode et si ces aliments sont consommés en excès, alors ils contribuent à un affaiblissement de la thyroïde (1). En raison de leurs propriétés anti-cancéreuses, la consommation habituelle des légumes crucifères est bénéfique (2). Quant au soja non fermenté, il interfère avec les œstrogènes, donc avec la thyroïde (3). 

Plantes favorables

       L’ashwagandha et le guggul sont des plantes médicinales largement utilisées par la médecine traditionnelle indienne depuis plusieurs siècles.

L’ashwagandha possède un nombre considérable de vertus qui expliquent sa place majeure dans l’Ayurveda. Appelé cerise d’hiver indienne, son utilisation favorise un état jeune de santé physique et mentale, selon les écrits anciens. Adaptogène puissant, il améliore la réponse du corps face au stress. Les données scientifiques disponibles confirment ses bienfaits comme tonique régénératif, incluant ses propriétés neuroprotectrices, antidouleurs et anti-inflammatoires. Plusieurs études montrent la normalisation des hormones thyroïdiennes par la prise d’ashwagandha (5).  

L’Ayurveda considère le guggul comme une plante dépurative, pour purifier l’organisme. La résine de l’arbre est utilisée pour traiter des affections telles que l’obésité, les troubles lipidiques, l’arthrite, l’inflammation, les maladies cardiovasculaires et l’hypothyroïdie (6).

L’hygiène de vie

      Les fumeurs sont beaucoup plus touchés par les problèmes de la thyroïde. Pour fabriquer de la vitamine D, exposez-vous au soleil de mars à octobre tous les jours. Selon votre type de peau, de 5 à 20 minutes au soleil sont nécessaires pour bronzer, mais sans que la peau rougisse. Le stress augmente la production de cortisol, ce qui perturbe le fonctionnement thyroïdien. La méditation, une activité physique régulière et modérée, des techniques respiratoires permettent de mieux gérer le stress. Certains exercices de yoga stimulent le fonctionnement de la thyroïde.

Facteurs influençant la thyroïde

      Pendant la grossesse, la thyroide fonctionne plus intensément, avec des besoins accrus en iode. On constate plus de troubles thyroïdiens chez les personnes dont les parents, et plus particulièrement la mère, ont déjà eu ces troubles. Avec l’âge et un indice de masse corporelle élevé (IMC=poids/ (taille) 2  > 25), la thyroïde fonctionne moins bien.

Les métaux lourds affectent la thyroïde. Le plomb, malgré son interdiction, subsiste dans notre environnement. Également, le mercure est présent dans les amalgames dentaires et dans le gras des gros poissons. Parmi les polluants environnementaux, le perchlorate et les nitrates, présents dans les eaux souterraines et l’eau courante, bloquent l’absorption d’iode par la thyroïde. Une étude de l’agence européenne montre que 101 pesticides sur 287 analysés affectent le système thyroïdien (7). Ces toxiques appartiennent aux perturbateurs endocriniens, dont les conséquences sur la santé continuent d’être révélées.

Plusieurs médicaments comme les bêtabloquants, l’amiodarone (traitement de certains troubles cardiaques), certains antibiotiques et anti-inflammatoires diminuent son activité. De même, la thyroïde étant sensible aux œstrogènes, la pilule contraceptive et le traitement hormonal de substitution interfèrent avec la synthèse des hormones thyroïdiennes.

Prendre soin de sa thyroïde naturellement

      Telle un chef d’orchestre, la thyroïde donne le tempo aux différents organes du corps. Cette glande complexe, sensible à de multiples paramètres, affecte ainsi beaucoup la santé. En priorité, une hygiène de vie saine et l’absence d’exposition aux polluants conditionnent son fonctionnement optimal.

« La force qui est en chacun de nous est notre plus grand médecin. » Hippocrate

Sources :

(1) Concentrations de précurseurs dans les légumes Brassica. -(2) Propriétés légumes crucifères. -(3) Apport de soja et la fonction thyroïdienne. – (4) Dysfonction thyroïde : une autre possibilité chez les femmes en Périménopause -(5) Efficacité ashwagandha chez les hypothyroïdiens. -(6) Résultat de prise guggul à l’hypothyroidisme induit. -(7) Avis scientifique sur l’identification des pesticides.

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