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Endométriose : comment vous soulager avec la naturopathie

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     Mieux manger constitue une base solide pour diminuer les symptômes de l’endométriose. Cette maladie s’exprime notamment par des douleurs intenses au niveau du ventre et parfois au-delà. Presque inconnue il y 10 ans, elle touche 10 à 15 % des femmes et cause des problèmes d’infertilité pour 20 à 40% d’entre elles. Différentes études montrent des solutions naturelles pour soulager la fatigue au quotidien.

Sommaire

Définition simple

      L’endométriose se caractérise par la présence de cellules normalement en surface de l’utérus qui se retrouvent en dehors de cette localisation. L’endomètre, muqueuse qui tapisse l’utérus, s’épaissit pour l’accueil potentiel d’une grossesse puis est éliminé (les règles) sous l’action des hormones féminines. Ainsi, selon l’emplacement et le caractère invasif de ces cellules, le moment du cycle, les symptômes varient. A chaque cycle menstruel, ces tissus ne peuvent pas être éliminés ce qui provoque une réaction inflammatoire, cause des douleurs. A cela, peuvent s’ajouter des saignements, des nodules, des kystes ovariens, ainsi que des formations de tissus cicatriciels qui touchent les organes avoisinants. L’endométriose peut atteindre les femmes en âge de procréer, dès les premières règles jusqu’à l’âge de la ménopause, voire plus.

Symptômes

      Longue est la liste des symptômes. La plus fréquente est l’intensité considérable des douleurs dans le bas du ventre. Ces douleurs ne disparaissent pas lors de l’utilisation d’un antalgique ordinaire contrairement aux règles douloureuses. Au point d’être empêchée de sortir de chez soi et de rester clouée au lit. Les anomalies de cycles, comme des règles abondantes et durant plus de 7 jours, peuvent faire penser à l’endometriose. Il existe aussi les douleurs ressenties pendant et après les rapports sexuels avec pénétration (dyspareunie). Toute douleur, rythmée par les règles, doit amener à consulter. Les douleurs peuvent toucher différentes parties du corps, comme les intestins ou les nerfs, en présence de lésions endométriosiques. Toutes ces douleurs finissent par engendrer une fatigue persistante et affecte la qualité de vie. En l’absence de symptômes douloureux, les examens prescrits lors d’un bilan d’infertilité permettent de découvrir l’endométriose.

 Formes d’endométriose

      Autrefois classée par des stades de 1 à 4, cette maladie est maintenant décrite par 3 groupes de lésions principales qui peuvent coexister chez une même patiente. L’endométriose superficielle, la plus fréquente, comprend des lésions de petite taille, superficielles, qui ne dépassent pas les 5 millimètres. L’endométriose ovarienne est caractérisée par des kystes de l’ovaire qui s’incrustent dans celui-ci (endométriomes). L’endométriose profonde correspond aux lésions de plus de 5 mm. L’adenomyose ou endométriose interne est un sous-type d’endometriose dont les lésions atteignent seulement le myomètre, qui est la partie musculaire de l’utérus.

Endométriose digestive

     Lors d’une crise, le ventre peut s’arrondir comme pour une femme enceinte avec des douleurs abdominales. Parfois, à cause de certains aliments, les femmes atteintes d’endométriose se retrouvent avec un ventre gonflé et dur, dû à des ballonnements et à une évacuation difficile des gaz. La constipation provoque aussi un gonflement du ventre. Les autres troubles digestifs sont une alternance de diarrhée / constipation, et des douleurs lors de la défécation. Certaines patientes présentent des symptômes intestinaux dus à l’existence concomitante d’une maladie des intestins comme le côlon irritable, la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique(RCH).

Troubles urinaires

    La présence de lésions au niveau du système urinaire occasionne des mictions fréquentes, des difficultés pour vider la vessie, parfois des brûlures et la présence de sang dans les urines. Ces symptômes sont identiques à une infection urinaire, cependant l’analyse des urines révèle la présence de bactéries en cas d’infection. Au niveau de la vessie, on parle d’endométriose vésicale, au niveau des uretères, d’endométriose urétérale.

Endométriose thoracique

     Autrefois considérée comme exceptionnelle, elle est aujourd’hui reconnue par les médecins. Elle se caractérise par des douleurs au niveau des poumons entre la veille des règles et les trois jours suivants. Le pneumothorax cataménial provoque une douleur aigüe récidivante, avec possiblement des sensations de manque d’air et d’essoufflement avec une prédominance du côté droit. L’hémothorax cataménial touche habituellement le côté droit, avec des symptômes moins distinctifs tels qu’un essoufflement ou une toux. Dans les deux cas, le diagnostic est fait par la radiographie du thorax.

Traitements conventionnels en France

      Les différents traitements médicamenteux agissent sur les hormones et contre la douleur. Les pilules contraceptives, le stérilet hormonal suppriment les règles et réduisent les douleurs liées à la réponse hormonale. Cependant, ils peuvent induire des effets secondaires comme l’acné, la prise de poids, des migraines, une tension mammaire, une sècheresse cutanée, troubles de l’humeur, et une baisse de la libido. Certains de ces traitements exposent à un risque de développer une tumeur des méninges et des procédures judiciaires ont été menées pour défaut d’informations. Dernière catégorie de traitement hormonal, les agonistes de la neurohormone GnRH bloquent la sécrétion des oestrogènes. Cependant, il existe aussi des effets secondaires comme les bouffées de chaleur, une sécheresse et un risque de perte osseuse. Des antalgiques et des anti-inflammatoires diminuent la douleur avec cependant des risques d’effets indésirables pour l’estomac. Enfin, en cas de symptômes handicapants ou d’infertilité non résolus, la chirurgie est envisagée pour enlever les lésions.

Examens

      Il n’existe pas de test simple ni de prise de sang pour dépister l’endometriose. Les questions et les symptômes orientent le diagnostic effectué par le médecin. Le diagnostic nécessite un examen clinique minutieux et complet. Les examens complémentaires par imagerie ont pour but d’évaluer la gravité de la maladie et ne permettent pas de confirmer une endométriose superficielle. L’échographie pelvienne est l’examen de première intention, plus sensible que l’examen clinique. L’IRM offre une observation plus performante. Toutefois, certaines lésions passent inaperçues. D’autres examens peuvent être indiqués, en fonction de la localisation des symptômes. En cas d’atteinte digestive, on passera un coloscanner, en cas d’atteinte rectale on passera une échoendoscopie rectale.

Causes et origines

     Les origines de cette pathologie ne sont pas certaines. La théorie la plus ancienne explique la migration des cellules par le reflux du liquide menstruel dans la cavité pelvienne des femmes. Puis la théorie de la métaplasie se base sur la transformation du tissu du péritoine en tissu endométrial à partir des cellules souches. La théorie des cellules embryonnaires est défendue par le chirurgien américain David Redwine sur son site(1). Au cours de la migration des cellules de l’embryon, les précurseurs des organes génitaux, se trouvent à des endroits mal situés, sous l’influence de perturbateurs endocriniens et de susceptibilités génétiques. Bien que rarissime, l’existence de l’endométriose chez l’homme(2) soutient cette théorie. L’endometriose masculine peut apparaître en cas de traitement par fortes doses d’oestrogènes, pour un cancer de la prostate. Egalement, une étude(3) évoque un taux plus élevé dans la partie sud-est d’une région italienne, industrialisée et polluée. Les causes psycho-émotionnelles (“c’est dans votre tête”…) étaient invoquées par méconnaissance mais ont été écartées pour éviter l’errance médicale.

Que faire ?

      Face à cette maladie inflammatoire et hormonodépendante, un vaste ensemble de solutions est à mettre en place avec des adaptations suivant les symptômes. De plus, l’inflammation entraine un stress oxydatif et des douleurs. Une alimentation anti-endométriose peut modérer l’inflammation et apporter des antioxydants. Au niveau hormonal, plusieurs éléments permettent de moduler les œstrogènes. La diminution des oestrogènes est favorisée par une bonne détox. Une alimentation hypotoxique, aidée par certains aliments et des plantes, protège le foie. Egalement, des aliments riches en fibres aident à éliminer les oestrogènes via le transit intestinal. Et pour finir, on supprime autant que possible les perturbateurs endocriniens  apportés par facteurs environnementaux. Dans le cas de troubles digestifs, l’application d’un régime alimentaire plus exigeant, avec moins d’aliments, apportera de bons résultats. Pour les douleurs des règles , les crampes et saignements abondants, des plantes spécifiques pourront accompagner les changements alimentaires. Des techniques corporelles et respiratoires aident aussi à gérer la douleur. Afin d’optimiser tous ces axes, on s’aidera de compléments alimentaires.

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Alimentation anti-inflammatoire

      Une étude qualitative relate les changements alimentaires individuels qui soulagent les symptômes. Bien que comportant un biais de sélection, elle montre que les participantes ont diminué la douleur des règles et ont amélioré leur santé. Parmi les aliments à éviter, la viande rouge et la charcuterie sont associés à une augmentation du taux d’endométriose(4). La qualité des gras est primordiale. L’huile de tournesol et de maïs sont à remplacer par des huiles de colza, noix et cameline riches en acides gras oméga-3. Il est essentiel de consommer des petits poissons gras, (sardines, maquereaux, harengs) riches en EPA et DHA, omega-3 très anti-inflammatoires. Particulièrement délétères pour la santé, les acides gras trans se trouvent dans les aliments industriels (bio ou non-bio) dont l’étiquette mentionne huile hydrogénée ou partiellement hydrogénée. Enfin, le sucre et tous ses dérivés sont mauvais pour la santé, en particulier pour l’endométriose.

Alimentation hypotoxique

       Manger des produits bios diminue l’imprégnation aux pesticides dont les organochlorés (5). Chez les patientes, le taux des perturbateurs endocriniens est supérieur à une population témoin (6). L’alcool est à déconseiller, sa consommation augmentant le risque d’endométriose. Les phytooestrogènes des plantes agissent de manière complexe. En remplaçant les vrais estrogènes sur les récepteurs des oestrogènes, ils peuvent diminuer le climat estrogénique. Pour le soja, une étude associe un risque réduit d’endométriose avec le soja. Pour le lin, par ailleurs riche en d’omega-3, aucune étude n’a été faite. Mangez des fruits et des légumes et fruits, base pour apporter des antioxydants, dont l’apport peut réduire l’intensité de l’endométriose. De surcroît, leurs fibres permettent un effet balayage des xénooestrogènes hors de l’intestin. Evitez les grillades, les barbecues et les aliments torréfiés, dont les molécules de Maillard sont difficiles à gérer pour le corps. Enfin, saupoudrez tous vos plats d’épices et d’aromates, les meilleurs apporteurs d’antioxydants.

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brocoli

Aliments

      Le régime alimentaire doit être suivi avec rigueur. En effet, les participants à des études sur le changement alimentaire remarquent le retour des symptômes en cas d’écarts(7). Parmi les fruits, la palme des antioxydants revient à la myrtille. L’ail apporte ses propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et ses composés soufrés participent au travail de détox du foie. Son cousin, l’oignon, possède ces mêmes vertus et de la quercétine, antioxydant dont les études sont prometteuses pour l’endométriose. Parmi les autres légumes riches en antioxydants, notons les épinards et les carottes. Les crucifères, dont les choux parmi lesquels le brocoli, ont la particularité d’induire la détoxification des oestrogènes par le foie. Au contraire, le pamplemousse réduit cette voie de détoxification hépatique. Parmi les épices, le clou de girofle, la cannelle et l’origan viennent en tête des antioxydants avec le cacao. S’il est bien toléré par votre système digestif, le gingembre peut diminuer les douleurs menstruelles et les saignements trop abondants. Enfin, buvez du thé vert pour bénéficier de ses antioxydants.

Aliments symptômes digestifs

     Le régime alimentaire protecteur mis en place ne suffit pas toujours. Manger sans gluten peut faire dégonfler le ventre. Difficile à digérer, le gluten augmente la perméabilité et la sensibilité intestinale, déjà plus fréquente chez les personnes atteintes d’endométriose(8). L’éviction doit être totale, et comprend donc le blé, le froment, le seigle, l’avoine, l’orge, le petit et grand épeautre, le kamut et leurs dérivés pains, pates, farines. L’éviction des produits laitiers de tous les animaux reste controversée. Cependant, ils contiennent des perturbateurs endocriniens et des molécules pro inflammatoires et des hormones. Pour les personnes aux intestins sensibles, la caséine et le lactose présents dans le lait majorent les troubles digestifs. Et pour les personnes souffrant de ballonnements ou de gaz intestinaux, le régime sans FODMAP réduit les maux de ventre.

Détox du foie

      Grâce au foie, les différentes molécules nocives ou en excès sont transformés pour être éliminées par les voies naturelles. Les jeunes générations de femmes sont beaucoup plus touchées par cette pathologie. Elles ont plus subi l’augmentation et l’accumulation des produits chimiques, dans l’environnement et dans les produits du quotidien. Des études relient l’exposition aux xénooestrogènes et à cette maladie : 80% de risques accrus pour l’exposition in utero au médicament DES, taux de phtalates en lien avec la sévérité de la maladie, concentrations urinaires de parabènes et leur impact sur le risque d’endométriose (9). Il faut donc éviter les parabènes présents dans les cosmétiques, le contact et le chauffage des aliments avec des plastiques contenant des phtalates, les perfluorés présents dans les revêtements antiadhésifs des poêles et des vêtements et bien évidemment les pesticides.

Plantes amies du foie

Les changements alimentaires diminuent la charge de travail du foie et seront complétés par d’autres mesures. Certains végétaux favorisent ce travail de détoxification. Parmi les crucifères, citons les brocolis, les choux-fleurs, les choux de Bruxelles, le raifort (wasabi), la roquette, le radis noir et la moutarde. Egalement les câpres, l’ail, les oignons et les artichauts aident le foie pour une détoxification plus large. Parmi les plantes médicinales, le chardon-marie, le desmodium et romarin protègent le foie. La racine de pissenlit constitue le premier remède pour une cure dépurative. La bardane et la fumeterre stimulent aussi les fonctions hépatobiliaires. Pendant toute cure, on veillera à l’apport d’antioxydants qui protègent des composés issus de la détoxification.
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fleur d'achillée millefeuille

Comment soulager la douleur des règles ?

      Outre la diminution de l’inflammation grâce à l’alimentation et aux compléments alimentaires, il s’agit équilibrer le terrain hormonal. L’alchémille et le gattilier calment l’hyperœstrogénie. Lors de règles très abondantes (ménorragie), on utilisera l’alchémille. Elle peut aider à contrôler le flux grâce à ses tanins qui vont resserrer les vaisseaux sanguins dans la sphère utérine. L’achillée millefeuille régule le cycle menstruel en activant l’élimination des hormones en excès grâce au foie. De plus, elle décongestionne l’utérus ce qui diminue les douleurs pelviennes. L’utilisation de la viorne soulage les crampes abdominales et utérines. Enfin, la bourse à pasteur lutte contre les saignements excessifs.

Compléments alimentaires

      Indispensable, une bonne alimentation ne soulage pas toujours suffisamment des symptômes. Les complémentaires alimentaires procurent des molécules naturelles en forte concentration, avec des possibilités de synergie et de meilleure disponibilité. Les compléments d’EPA et DHA, améliorent la qualité de vie et sont exempts de métaux lourds présents dans les poissons gras. Puissant antioxydant, l’acide alphalipoïque associé au PEA et à la myrrhe a réduit des symptômes douloureux des règles et les douleurs pelviennes chroniques. Le DIM, molécule des crucifères qui module le climat oestrogénique, se trouve en complément alimentaire. La curcumine à haute biodisponibilité est mieux absorbée ce qui permet de profiter de ses propriétés thérapeutiques. Elle possède aussi des effets hypoglycémiants et fluidifiants qui doivent être surveillés en cas de prise de médicaments. Evidemment, les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation naturelle et un mode de vie équilibré.

Comment réussir à soulager l’endométriose ?

      Parfois très handicapante, non grave au sens médical, l’endométriose peut être reconnue comme affection de longue durée au cas par cas. Complexe par la variété des symptômes, une amélioration nécessitera une prise en charge globale et spécifique à chaque femme. La mise en place d’une alimentation saine et de différentes techniques demande de la persévérance et un suivi pour obtenir un mieux-être.

(1) http://endopaedia.info/origin37.html -(2) Endométriose avec dégénérescence kystique une maladie rare chez les hommes . -(3) Schémas spatiaux de l’incidence de l’endométriose. -(4) Apport alimentaire sélectionné et risque d’endométriose. -(5) Exposition aux pesticides de la population française : résultats de l’étude ESTEBAN. -(6) Pesticides organochlorés et risque d’endométriose résultats d’une étude cas-témoin basée sur la population. -(7) santé après des changements alimentaires. -(8) Perméabilité de l’intestin grêle chez les patientes atteintes d’endométriose. -(9) Concentrations urinaires de produits de soins personnels et leur impact sur le risque d’endométriose.

« On ne peut pas vivre en bonne santé sur une planète malade. » David Servan-Schreiber

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